Johnny Clegg, né en 1953 à Bacup au Royaume-Uni dans une famille aisée, déménage en 1960 dans les banlieues de la bourgeoisie blanche du Johannesburg de l’Apartheid. A 14 ans, il s’initie à la guitare et rencontre Mntonganazo Mzila, concierge et musicien zoulou qui l’initie au dialecte, à la danse Ishishameni et au Ihhlangwini. Il se lie d’amitié avec Sipho Mchunu, membre des tribus zoulous et musicien autodidacte venu travailler en ville comme jardinier.
L'homme se passionne pour la culture de Sipho. Tout d’abord stimulés par l’envie de comparer leur talent, les deux guitaristes s’associent : alors que Sipho aide Johnny à parfaire sa technique de guitariste et lui enseigne la langue et la danse zoulou, le jeune blanc initie Sipho au rock et à la musique celte qui lui étaient totalement étrangers. Ils connaissent un succès foudroyant en Afrique du Sud. Ils se rendent dans les « hostels », les centres de travailleurs immigrants réservés au noirs et interdits aux blancs, poussent les lits et se produisent en public, encourageant les locataires à se mesurer à eux avec leurs guitares. L'artiste prend alors conscience du fossé qu’a crée l’apartheid. Dans les années soixante-dix, l’association du jeune blanc avec un zoulou provoque une forte agitation politique et artistique.
En 1976, les deux hommes décrochent leur premier contrat majeur et créent le groupe Juluka avec lequel ils mélangent les chansons traditionnelles zoulous à la musique occidentale et aux paroles anglaises. Leur premier album, Universal Men rencontre un franc succès mais est censuré en Afrique du Sud. Avec Scatterlings Juluka fait son entrée sur la scène internationale.
En 1985, alors que Sipho retourne au sein de la communauté zoulou pour y apporter son aide, Johnny Clegg crée Savuka et radicalise son discours politique. Le deuxième groupe du « zoulou blanc » est une réussite et fait connaître la musique africaine au monde. « Third world child » est un très gros succès et plus de deux millions d’exemplaires sont vendus. Johnny Clegg signe les titres phares Scatterlings of Africa et Asimbonanga, chanson dédiée à Nelson Mandela alors emprisonné. Le quatrième album de Savuka, Heat, Dust and Dreams est nominé dans la catégorie meilleure musique du monde et remporte le Billboard Music Award en 1993.
En 1997, Clegg et Mchunu sont retournés en studio après dix ans sans travailler ensemble et ont présenté un nouvel album, « Ya Vuka Inkunzi (The Bull Has Risen)/Crocodile love ». Après cette parenthèse, Johnny Clegg a repris le chemin de la scène en solo et poursuit aujourd’hui sa carrière de façon sereine.